[S32] Récit de course : HAUT’MArN Triathlon M, tout une logistique !

1500 m de natation avec une sortie à l’australienne et une bouée rouge, 50 km de vélo, 10 km de course à pied sous 30 degrés. Un triathlon que j’attendais avec impatience, le dernier de la première partie de saison. Plus tard, j’apprendrais que c’était aussi le dernier de 2025.

Été 2024, la décision !

Tout commence au détour d’un épisode de Devenir Triathlète avec l’invité, Nicolas Hauptmann. J’écoute cette incroyable histoire d’un triathlète qui a commencé adulte, comme moi. Il adore les « idées à la con » et c’est comme ça qu’il a atterri dans le triathlon. Aujourd’hui, il jongle entre sa vie de famille, sa passion pour la moto et le club de triathlon. Son épisode m’a tellement inspiré que je me suis permise de lui envoyer un petit message sur Instagram pour le remercier pour cette intervention.

Il me dit alors de m’aligner pour la toute première édition du HAUT’MArN triathlon en juillet, mais mon planning ne fonctionne pas. Je venais de finir mon premier triathlon S de ma vie, et je lui promets de venir en 2025 sur S ou M ! Pour le taquiner, j’avais dit « si je suis la première inscrite, j’ai le dossard numéro 1 ? ».

Et en novembre 2024, sur mon home trainer, la billetterie ouvre. Je prends un dossard pour le M. On avait décidé avec un pote de faire le M de Montreuil-Juigné en juin, c’était parfait pour enchainer un mois après.

Été 2025, une logistique certaine

Il faut dire ce qui est, à deux mois du tri, je ne savais ni comment y aller, ni où dormir. J’allais improviser. Au final heureusement parce que mon copain, Maxime, s’est pris un dossard à la dernière minute ! On a donc pu y participer ensemble et la logistique n’était pas exactement la même.

Un peu de contexte ! Fin mai, je déménage mes affaires chez lui. Je vis avec une valise de vêtements et une de tri pour un mois. On fait le triathlon de Montreuil-Juigné début juin, et on déménage fin juin à 800 km de chez nous en Bretagne. Le 4 juillet, à peine deux semaines après, on se retrouve pour aller à Dijon ! Maxime arrive de l’Isère, moi de la Bretagne. Un périple !

Pour aller de la Bretagne a la Haute-Marne, il a fallu prendre un premier train avec sac à dos et vélo pour Paris, et un deuxième pour Dijon. À Dijon, Maxime m’a récupéré pour une heure de voiture direction Chaumont pour une nuit en camping. Arrivés à 23h, débout à 7h pour aller récupérer les dossards et déposer les vélos.

Le HAUT’MArN triathlon, deux clubs, deux villes

Le triathlon proposait un parcours un peu particulier. Pour célébrer les deux clubs coorganisateurs, la natation était au Lac de la Liez dans la ville de Langres, le vélo permettait de faire la jonction, et bien sûr la course à pied se déroulait dans l’autre ville, Chaumont.

Toute une organisation puisqu’il y avait deux parcs à vélo, et surtout deux villes ! Heureusement l’organisation avait prévu une navette pour nous permettre de prendre les dossards et poser les vélos au Lac de la Liez, puis aller en voiture jusqu’à Chaumont (et en profiter pour repérer le parcours vélo), poser les affaires de course à pied et la voiture, et revenir au Lac de la Liez en navette. Ça m’a rappelé l’Ironman 70.3 Greece de Maxime, la course à pied avait fini littéralement à 21 km de la zone de T1 et T2. On avait été ramenés en navette justement.

Jour J, le dossard et la mise en place

Bien sûr que Nico avait tout fait pour que je puisse avoir le numéro 1 ! Bien que vraiment pas en assez bon état pour faire honneur au dossard, j’ai été extrêmement touchée. Un petit geste qui a rendu cette course particulière.

Pourquoi pas en bon état ?
Je fais une parenthèse pour faire le point sur ma condition physique au matin du M de HAUT’MArN. Ça fait trois mois que mon ventre est gonflé sans raison apparente et que mon utérus me fait mal en continu. C’est mon quatrième triathlon de la saison, un par mois. Et on a déménagé deux appartements en un, deux semaines avant, ce qui m’a valu une inflammation de la sacro-iliaque. Le matin du triathlon, j’ai mal à l’utérus et au dos. Et tout ça m’épuise grandement, je suis donc un peu à bout. J’ai besoin d’une pause.

C’est là que la presque routine commence : mettre les stickers sur le vélo, sur le casque, aller faire une reconnaissance du parcours natation, aller poser le vélo et les affaires. Très perturbant de ne pas poser les affaires de course à pied ! Mais vraiment contente d’avoir pu essayer dans des conditions amicales et sympathiques.

On nous explique qu’il y a eu un petit loupé de logistique de leur côté et que nos vélos seront déplacés pour nous. Extrêmement perturbant pour prendre ses repères ! Sauf pour moi. En numéro 1, je n’ai pas à me poser de questions : je suis tout au bout. À ce moment-là, je suis reconnaissante que ce ne soit pas mon premier triathlon, ni mon premier M. J’aurai grandement paniqué !

Une fois les vélos posés, on prend la voiture et on suit les marquages au sol pour repérer la partie vélo. C’est aussi à ce moment que je précise à Maxime qu’on n’a toujours pas petit dej et qu’il est déjà 10h quand même… On s’arrête dans une boulangerie, Croc’Monsieur et Quiche avec un bretzel et un palmier, ça fonctionne !

Arrivés à Chaumont, on va poser les chaussures… Trop bizarre !! Il n’y a pas de vélo pour prendre le repère de son espace, il n’y a rien pour nous indiquer où sera notre vélo ou quoi. Une superbe expérience, je dois l’avouer !

Jour J, la rencontre

On croise Nico et c’était comme retrouver un pote sur une course. Pour rappel, Nico est en Haute-marne, moi, j’ai toujours été en Rhône-Alpes ou alors en Bretagne. On s’est soutenu dans toutes nos péripéties pendant 1 an, sans jamais se voir en vrai. Et pourtant, c’était fluide, sympa. Je lui dis « trop bien le parcours vélo, il est roulant ! ». Il me regarde avec des gros yeux ! « Il y a quand même 500D+ au total ! ». Maxime rigole et lui rappelle qu’on vient de l’Isère et Rhône-Alpes, et qu’on a plus l’habitude des cols. Donc 500D+ cumulé, c’est un plaisir sans nom. Aucun virage technique, c’est quasiment tout droit !

Top départ !

Une course à l’Intermarché du coin plus tard, on rejoint la navette. Je ne sais pas si c’est la chaleur du jour, autour des 30 degrés avant midi. Ou alors le stress, le manque de repas, la Monster… Mais arrivée dans la navette, je me suis sentie nauséeuse comme pas permis. Donc j’ai préféré fermer les yeux et attendre que ça passe. 50 km plus tard, on retrouvait nos vélos et à peine un petit tour aux toilettes et c’était déjà le départ.

Sur la plage je croise une personne avec le même bonnet dragon que moi. Un peu de plaisanteries et on se concentre. C’est parti, il faut courir dans l’eau pour une première boucle en triangle, sortie à l’australienne et ensuite c’est plus ou moins tout droit vers l’autre bout de la plage !

La natation

Pas de combi ! L’eau à 24 degrés était presque trop chaude. C’était ma première fois sans combi, et quel bonheur ! Ma combinaison s’étant un peu détendue, je me suis sentie moins ralentie, plus libre de mes mouvements.

Je fonce vers la première bouée main gauche en me plaçant correctement pour éviter les bouchons. En chemin, tout à coup je sens un poids sur mes jambes. Je me suis faite nager dessus jusqu’aux hanches par quelqu’un ! J’ai battu des jambes, fais comprendre qu’on ne me nageait pas dessus et je me suis dit « purée heureusement que je suis à l’aise dans l’eau quand même ! »

Arrivée à la bouée bien sûr c’était un peu la machine à laver, mais ça allait encore! C’est à la deuxième bouée que étrangement il y a eu un bouchon. Et la, ça a joué des coudes pour sortir de ce carnage ! Il y avait Jean-Michel-Je-nagé-trop-fort-pour-rien qui était là.

Sur le retour vers la plage, je me suis placée derrière deux personnes qui me semblaient ok en termes de rythme pour nager dans leurs pieds. Malheureusement l’un nageait hyper fort sans avancer et déviait de trajectoire venant systématiquement sur moi. Et l’autre était trop lent. J’ai cherché à passer au centre, à gauche, rien n’a faire… J’ai donc repensé à tout mes exercices d’accélération et je suis passée full gaz sur la droite pour les passer. C’était ingérable! À la sortie de l’eau, j’en ai profité pour aller le plus vite possible pour me défaire de ces deux là.

À la sortie de l’eau, j’entends « allez bébé triathlète! ». Surprise, je me retourne. Oui oui c’était moi. Je n’ai pas reconnu qui c’était.

Il est vrai que j’avais fait quelques vidéos sur Instagram, que deux personnes m’ont reconnus pendant l’installation des affaires, mais de là à être encouragée… N’abusons pas!

C’était Guillaume de l’orga! On avait pas mal échangé et il était là pour soutenir !!! Merci. Vraiment.

Retour dans l’eau, j’ai tenté d’adopter la meilleure navigation possible vers la droite jusqu’à la fameuse bouée rouge.

La bouée rouge c’est la bouée qui était utilisée pour le XS et le S du matin, et visiblement la moitié d’entre nous a pris la bouée main droite se demandant si elle était là pour la déco ou pour le M… Le mystère reste entier, mais toujours est il que ma montre m’annonce une natation bien plus longue et que une bonne partie ne l’a pas prise du tout !!!

Je me replace pour récupérer et commencer à anticiper le vélo. C’est à ce moment que je me fais doubler par une femme en maillot de bain rouge et en brasse… c’est vexant ! Mais c’est après que je me suis rappelée que si elle était en maillot c’est qu’elle était sûrement en équipe. Bien sûr en équipe si t’as que la nat à faire, t’envoie ton meilleur élément dans l’eau et la personne donnera tout !!

Le vélo

Sortie de l’eau classique et bien plus rapide sans combi. J’arrive au vélo, il était bien à sa place. Bien sûr, je prends le temps de mettre mes chaussettes, chaussures et let’s go !

Dans cette nouvelle organisation j’ai oublié de mettre le dossard derrière, heureusement l’arbitre me l’a rappelé !! Je pense que j’étais bien trop peu concentrée pour ce triathlon.

Et voilà. C’est parti pour 50km. Seule.

C’est rigolo parce que depuis chez moi, 50km seule me semblait beaucoup. Alors qu’en triathlon, c’est complètement okay. Nous sommes fin août à l’écriture de ce récit de course et depuis 50km est devenu banal pour une sortie solo. Comme quoi, les courses ça permets aussi de débloquer des appréhensions !

Pourquoi je dis seule, et bien parce que certes on part ensemble mais 50km tout droit, entre deux villes, ça fait un train très allongé. Et puis il est vrai, j’ai un peu fait la touriste sur ce triathlon. Je n’avais pas prévu de pousser outre mesure, j’avais juste envie de participer et finir. Alors j’ai pris le temps de regarder les paysages, de profiter des terres de la Haute Marne, de réfléchir à l’après, etc.

Je me suis aussi fortement agacée. En bas d’une bosse, je vois un homme dans la même trifonction que celui qui m’avait embêté en natation. Alors lui! Hors de question qu’il reste devant moi !! J’ai tout fait pour qu’il reste derrière… ce que ce récit ne racontera pas, c’est qu’il avait la trifonction entrée de gamme de Décathlon. Soit la même que 20 autres personnes…

Le vélo était vraiment sympa! 500D+ facile, tout droit comme prévu. J’ai adoré la balade ! Un peu long vers la fin cela dit. Finalement, quand on veut juste participer sans se donner à fond ou quand on n’a personne avec qui le faire ou se challenger, on s’ennuie un peu je trouve.

Et puis on arrive à nouveau en ville, on ressent la pression de la suite.

Dans cette grande avenue, je croise Maxime sur la boucle à pied. Il faisait son deuxième tour. Un peu d’encouragement, ça m’a redonné du baume au cœur.

La course à pied

Je pose le vélo comme je peux, visiblement le dossard 2 est déjà arrivé et il a décidé que nos deux emplacements étaient une grande collocation ! J’enfile mes chaussures en me disant que c’est la dernière fois de ma vie que je fais mes lacets sur un tri, j’enfile le sac d’hydratation et je pars.

Les flasques sont restée 4h au soleil, l’eau est tiédasse. C’est pas dingue mais finalement c’était une bonne idée puisque j’ai croisé un homme qui a râlé une bonne partie du début à cause du manque de ravito.

Alors c’est vrai, les ravitos se faisaient discret pour un jour autant ensoleillé ! Je me suis moi même félicitée de mon initiative quant à mon gilet d’hydratation. Mais sur le parcours, à un point on nous attendait avec un jet d’eau de jardin, et à un autre avec des éponges imbibées d’eau.

Quel plaisir j’ai pris sur cette course à pied au soleil! Mon unique objectif était de ne pas marcher et de ne pas subir. Je voulais finir unique M sereine, pas comme un mois plus tôt où j’avais trop envoyé en vélo et marché en course à pied. Et j’y était, en plein kiff.

J’ai taquiné des supporters, raconté des bêtises, je me suis poussée en restant en maitrise. Et comme à chaque fois, j’ai commencé la course en me disant « mais… t’as nagé et fait du vélo là! C’est débile comme sport! Mais faut être complètement abruti pour faire ça!! »

C’est un sentiment que j’ai souvent en commençant la course à pied. La natation étant si courte et le vélo si long, j’ai tendance à oublier qu’il y a déjà eu un enchaînement quand j’entame la troisième partie. Le triathlon fait peur à beaucoup de monde à cause des 3 sports. Mais finalement la natation se fait discrète et elle n’est qu’une parenthèse avant les hostilités. Le vélo lui, il a son importance.

À la fin de la première boucle, évidemment que Maxime était là pour m’encourager! Ça me fait toujours plaisir qu’il le fasse. Et en même temps, il n’a pas grand chose d’autre à faire ! Cette fois ci, il a finit avec 45min d’avance sur moi. Et il n’était pas à bloc. C’est vexant et impressionnant à la fois !

L’arrivée

J’arrive 66/85, pas dernière et dans la barrière horaire (qui n’a jamais existé en fait… mais je ne le savais pas). C’est bête mais finir dernière me terrorise. Alors savoir qu’en donnant 60% de moi même je ne fini pas dernière, ça me rassure un peu.

Je suis accueillie à l’arrivée par Nico et Maxime, avec la meilleure idée ravito possible: de la pastèque !

J’étais contente de moi, j’avais surtout passé un bon moment! Ce n’était pas une course de dépassement de soi, mais juste une course plaisir pour honorer une promesse à l’autre bout du monde.

Le retour

On remballe les affaires, on charge la voiture qui ne ressemble déjà pas à grand chose avec les vélos et tout le bazar. Et nous voilà repartis pour la maison.

Vers 17h je dis à Maxime que finalement ce tri m’a quand même un peu tabassée ! Je me sentais bien en finissant, mais là, j’étais KO. Et puis ça m’a heurté comme une massue: on venait de faire tout ça avec dans le ventre une quiche, un demi Bretzel et un palmier. J’avais rajouté mes pâtes de fruits et un gel et voilà. J’étais KO parce que je n’avais rien mangé depuis 10h en fait!! Déjà en temps normal ça m’aurait achever, mais avec un triathlon en plus… c’était normal!

De manière évidente, on s’est arrêté sur l’autoroute pour un burger (ou deux chacun) qui nous a remis d’aplomb!

Petite pause dans la famille pour la nuit, et la suite du voyage. J’irai en Bretagne, Maxime ira en Norvège pour un mois. Après deux semaines loin l’un de l’autre, on se sera retrouvés le temps d’un triathlon quelque part à côté de Dijon.

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