Il y a des jours où je me dis que mon TDAH est un cadeau. Sans lui, je n’aurais jamais osé me lancer dans le triathlon avec cette intensité, cette passion dévorante. C’est lui qui me pousse à m’entraîner 10 heures par semaine, à mettre l’ambiance en course, à me dépasser quand d’autres auraient abandonné. Mon cerveau hyperactif est un moteur infatigable, une source d’énergie qui contamine les autres et fait de moi une triathlète passionnée, motivante, un peu folle.
Mais il y a aussi des jours où je me dis que mon TDAH est un fardeau. Parce que cette même énergie qui me propulse me consume. Parce que je pars trop vite, que je m’épuise émotionnellement, que je me juge sans cesse. Parce que je vis chaque séance comme si c’était une question de vie ou de mort, et que la redescente est toujours brutale.
Voici mon récit, celui d’une triathlète qui navigue entre l’euphorie et l’épuisement, entre l’énergie qui la porte et celle qui la détruit.
L’hyperfocus : quand la passion devient une obsession
Quand je me lance dans quelque chose, je ne fais pas les choses à moitié. Le triathlon est devenu mon obsession. J’ai dévoré les livres, testé tous les entraînements, optimisé chaque détail. Rien ne pouvait m’arrêter.
Pourtant, cette obsession a un prix. Quand la motivation baisse, je lâche tout. Zéro nuance. Soit je suis à fond, soit je fais par automatisme. Ou alors je me désintéresse et je change de focus. Et ça, c’est épuisant.
Aujourd’hui, j’apprends à doser : à me passionner sans me consumer, à m’engager sans m’oublier.
L’hyperactivité : cette énergie qui me fait kiffer… et qui me brûle
En course, je mets l’ambiance. Je parle, je ris, j’encourage. Les autres adorent parce que je donne de l’énergie. Mais cette énergie a un coût : je pars trop vite, je dépense tout en 10 minutes, et je m’effondre après.
Mon défi : canaliser cette énergie sans la perdre. L’utiliser pour motiver les autres, mais aussi pour me préserver.
L’impulsivité : cette audace qui me fait avancer… et qui me fait trébucher
Je me lance sans réfléchir. C’est comme ça que j’ai fait mon premier Ironman sans trop y croire. Mais c’est aussi comme ça que je m’inscris à des courses sans réfléchir, que je pars trop vite en compétition, que je blesse mon corps en ignorant les signes de fatigue.
Mon défi : trouver un équilibre entre l’audace et la prudence, entre l’envie de tout donner et la nécessité de me protéger.
La sensibilité : cette empathie qui me lie aux autres… et qui me détruit
Je vis chaque séance comme une aventure. Je crée des liens forts avec les autres triathlètes. Mais je ressens tout à 200%. La joie, la déception, la colère… Tout est amplifié.
Le problème : je me juge H24, je prends tout personnel, je suis en montagne russe émotionnelle après une course.
Mon défi : apprendre à ressentir sans me laisser submerger, à m’engager sans me perdre.
En pratique : comment je gère (ou j’essaie de gérer) mon TDAH en triathlon
En course à pied : le départ en fusée
Je pars trop vite à l’échauffement. Mon cerveau a besoin d’action IM-MÉ-DIA-TE-MENT. Résultat : je brûle mes réserves avant le départ.
Mes solutions :
- Échauffement « contrôlé » (marche rapide + mobilité).
- Minuteur sur la montre pour rester en zone 2.
- Double séance (vélo avant la CAP pour évacuer l’énergie).
En natation : ces 500 mètres de bordel avant de me caler
Il me faut 500 mètres pour me poser. Mon cerveau est submergé par les stimuli (eau, autres nageurs, consignes).
Mes solutions :
- Départ ultra-lent (concentration sur un seul élément : respiration ou bras).
- Routine d’échauffement (200m nage libre + 200m jambes).
- Écouteurs étanches pour réduire les stimuli.
En club : l’enfer des stimuli
Trop de monde, trop de bruit → mon cerveau sature. Je pars comme une folle sans écouter les consignes.
Mes solutions :
- Je me place au fond du groupe (pour ne pas gêner).
- Je demande les consignes par écrit.
En compétition : l’euphorie et la redescente
Le jour J, je pars en mode « super-héroïne ». Mon cerveau est en surrégime → je dépense tout en 10 minutes.
Mes solutions :
- Routine pré-course (marche + respiration).
- Objectif réaliste (« Je reste en zone 2 »).
- Magnésium + respiration post-course pour redescendre.
Le TDAH et l’obsession : quand le triathlon devient mon monde
Pendant des années, le triathlon a été mon univers. J’ai structuré ma vie autour de ça, j’ai trouvé un exutoire à mon énergie, j’ai rencontré des gens incroyables.
Mais j’ai aussi négligé le reste : mes amis, mes projets perso, ma santé mentale. J’ai brûlé des ponts parce que je n’avais que ça en tête. J’ai mis ma santé en danger (blessures, épuisement).
Aujourd’hui, j’essaie de :
- Me fixer des limites (« Pas plus de 12h/semaine »).
- Équilibrer (« Si je fais X heures de sport, je dois faire Y heures de projet perso »).
- Parler à mes potes (ils me rappellent à la réalité).
Le TDAH et les autres : entre admiration et incompréhension
Avec les « normaux »
Ils m’admirent (« Tu es une machine ! »), mais ils ne comprennent pas mes hauts et mes bas. Ils me comparent (« Moi aussi je fais du sport ! »), ils me mettent sur un piédestal (« T’es une héroïne ! »), et ça me stresse.
Avec les triathlètes
Je me sens légitime (parce que tout le monde en fait autant). Mais on minimise les difficultés (« T’es lente ? Normal ! »), on cache nos faiblesses (« Moi ? Fatigué·e ? Jamais ! »), et ça, c’est toxique.
Ce que j’ai appris (à la dure)
Mon TDAH n’est ni une malédiction ni un superpouvoir : c’est juste une façon différente de fonctionner.
- Je ne suis pas une machine : j’ai des limites, et c’est OK.
- Le triathlon est un exutoire, pas une prison : je dois en profiter, pas en souffrir.
- Je peux être à la fois passionnée ET équilibrée (même si c’est un combat quotidien).
- Parler de mes galères, c’est libérateur (et ça aide les autres à se sentir moins seuls).
Conclusion : un équilibre fragile, mais le mien
Mon TDAH me complique la vie :
- Je pars trop vite.
- Je m’épuise.
- Je me juge trop.
Mais il me donne aussi des forces incroyables :
- Je m’engage à fond.
- Je motive les autres.
- Je vis chaque séance comme une aventure.
Alors aujourd’hui, j’apprends à :
- Utiliser mes superpouvoirs (hyperfocus, énergie, créativité).
- Gérer mes faiblesses (impulsivité, sensibilité, obsession).
- Trouver un équilibre (entre passion et vie perso).
Le triathlon et le TDAH, c’est une histoire d’amour compliquée… mais c’est LA Mienne, et je ne la changerais pour rien au monde.
Et toi, comment vis-tu ton TDAH (ou ton tempérament hyperactif) dans le sport ? (Parce que je suis sûre qu’on est nombreux·ses à se reconnaître… et à galérer en silence !) 💬
PS : Si tu veux mes astuces concrètes pour gérer l’impulsivité en course ou les montées d’adrénaline, dis-le-moi en commentaire ! Je partage tout, le beau comme le moins beau. 🚀

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