[S44] Triathlon et TDAH : l’équilibre fragile entre l’énergie qui me porte et celle qui m’épuise

Il y a des jours où je me dis que mon TDAH est un cadeau. Sans lui, je n’aurais jamais osé me lancer dans le triathlon avec cette intensité, cette passion dévorante. C’est lui qui me pousse à m’entraîner 10 heures par semaine, à mettre l’ambiance en course, à me dépasser quand d’autres auraient abandonné. Mon cerveau hyperactif est un moteur infatigable, une source d’énergie qui contamine les autres et fait de moi une triathlète passionnée, motivante, un peu folle.

Mais il y a aussi des jours où je me dis que mon TDAH est un fardeau. Parce que cette même énergie qui me propulse me consume. Parce que je pars trop vite, que je m’épuise émotionnellement, que je me juge sans cesse. Parce que je vis chaque séance comme si c’était une question de vie ou de mort, et que la redescente est toujours brutale.

Voici mon récit, celui d’une triathlète qui navigue entre l’euphorie et l’épuisement, entre l’énergie qui la porte et celle qui la détruit.


L’hyperfocus : quand la passion devient une obsession

Quand je me lance dans quelque chose, je ne fais pas les choses à moitié. Le triathlon est devenu mon obsession. J’ai dévoré les livres, testé tous les entraînements, optimisé chaque détail. Rien ne pouvait m’arrêter.

Pourtant, cette obsession a un prix. Quand la motivation baisse, je lâche tout. Zéro nuance. Soit je suis à fond, soit je fais par automatisme. Ou alors je me désintéresse et je change de focus. Et ça, c’est épuisant.

Aujourd’hui, j’apprends à doser : à me passionner sans me consumer, à m’engager sans m’oublier.


L’hyperactivité : cette énergie qui me fait kiffer… et qui me brûle

En course, je mets l’ambiance. Je parle, je ris, j’encourage. Les autres adorent parce que je donne de l’énergie. Mais cette énergie a un coût : je pars trop vite, je dépense tout en 10 minutes, et je m’effondre après.

Mon défi : canaliser cette énergie sans la perdre. L’utiliser pour motiver les autres, mais aussi pour me préserver.


L’impulsivité : cette audace qui me fait avancer… et qui me fait trébucher

Je me lance sans réfléchir. C’est comme ça que j’ai fait mon premier Ironman sans trop y croire. Mais c’est aussi comme ça que je m’inscris à des courses sans réfléchir, que je pars trop vite en compétition, que je blesse mon corps en ignorant les signes de fatigue.

Mon défi : trouver un équilibre entre l’audace et la prudence, entre l’envie de tout donner et la nécessité de me protéger.


La sensibilité : cette empathie qui me lie aux autres… et qui me détruit

Je vis chaque séance comme une aventure. Je crée des liens forts avec les autres triathlètes. Mais je ressens tout à 200%. La joie, la déception, la colère… Tout est amplifié.

Le problème : je me juge H24, je prends tout personnel, je suis en montagne russe émotionnelle après une course.

Mon défi : apprendre à ressentir sans me laisser submerger, à m’engager sans me perdre.


En pratique : comment je gère (ou j’essaie de gérer) mon TDAH en triathlon

En course à pied : le départ en fusée

Je pars trop vite à l’échauffement. Mon cerveau a besoin d’action IM-MÉ-DIA-TE-MENT. Résultat : je brûle mes réserves avant le départ.

Mes solutions :

  • Échauffement « contrôlé » (marche rapide + mobilité).
  • Minuteur sur la montre pour rester en zone 2.
  • Double séance (vélo avant la CAP pour évacuer l’énergie).

En natation : ces 500 mètres de bordel avant de me caler

Il me faut 500 mètres pour me poser. Mon cerveau est submergé par les stimuli (eau, autres nageurs, consignes).

Mes solutions :

  • Départ ultra-lent (concentration sur un seul élément : respiration ou bras).
  • Routine d’échauffement (200m nage libre + 200m jambes).
  • Écouteurs étanches pour réduire les stimuli.

En club : l’enfer des stimuli

Trop de monde, trop de bruit → mon cerveau sature. Je pars comme une folle sans écouter les consignes.

Mes solutions :

  • Je me place au fond du groupe (pour ne pas gêner).
  • Je demande les consignes par écrit.

En compétition : l’euphorie et la redescente

Le jour J, je pars en mode « super-héroïne ». Mon cerveau est en surrégime → je dépense tout en 10 minutes.

Mes solutions :

  • Routine pré-course (marche + respiration).
  • Objectif réalisteJe reste en zone 2 »).
  • Magnésium + respiration post-course pour redescendre.

Le TDAH et l’obsession : quand le triathlon devient mon monde

Pendant des années, le triathlon a été mon univers. J’ai structuré ma vie autour de ça, j’ai trouvé un exutoire à mon énergie, j’ai rencontré des gens incroyables.

Mais j’ai aussi négligé le reste : mes amis, mes projets perso, ma santé mentale. J’ai brûlé des ponts parce que je n’avais que ça en tête. J’ai mis ma santé en danger (blessures, épuisement).

Aujourd’hui, j’essaie de :

  • Me fixer des limitesPas plus de 12h/semaine »).
  • ÉquilibrerSi je fais X heures de sport, je dois faire Y heures de projet perso »).
  • Parler à mes potes (ils me rappellent à la réalité).

Le TDAH et les autres : entre admiration et incompréhension

Avec les « normaux »

Ils m’admirentTu es une machine ! »), mais ils ne comprennent pas mes hauts et mes bas. Ils me comparentMoi aussi je fais du sport ! »), ils me mettent sur un piédestalT’es une héroïne ! »), et ça me stresse.

Avec les triathlètes

Je me sens légitime (parce que tout le monde en fait autant). Mais on minimise les difficultésT’es lente ? Normal ! »), on cache nos faiblessesMoi ? Fatigué·e ? Jamais ! »), et ça, c’est toxique.


Ce que j’ai appris (à la dure)

Mon TDAH n’est ni une malédiction ni un superpouvoir : c’est juste une façon différente de fonctionner.

  • Je ne suis pas une machine : j’ai des limites, et c’est OK.
  • Le triathlon est un exutoire, pas une prison : je dois en profiter, pas en souffrir.
  • Je peux être à la fois passionnée ET équilibrée (même si c’est un combat quotidien).
  • Parler de mes galères, c’est libérateur (et ça aide les autres à se sentir moins seuls).

Conclusion : un équilibre fragile, mais le mien

Mon TDAH me complique la vie :

  • Je pars trop vite.
  • Je m’épuise.
  • Je me juge trop.

Mais il me donne aussi des forces incroyables :

  • Je m’engage à fond.
  • Je motive les autres.
  • Je vis chaque séance comme une aventure.

Alors aujourd’hui, j’apprends à :

  • Utiliser mes superpouvoirs (hyperfocus, énergie, créativité).
  • Gérer mes faiblesses (impulsivité, sensibilité, obsession).
  • Trouver un équilibre (entre passion et vie perso).

Le triathlon et le TDAH, c’est une histoire d’amour compliquée… mais c’est LA Mienne, et je ne la changerais pour rien au monde.


Et toi, comment vis-tu ton TDAH (ou ton tempérament hyperactif) dans le sport ? (Parce que je suis sûre qu’on est nombreux·ses à se reconnaître… et à galérer en silence !) 💬


PS : Si tu veux mes astuces concrètes pour gérer l’impulsivité en course ou les montées d’adrénaline, dis-le-moi en commentaire ! Je partage tout, le beau comme le moins beau. 🚀

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