Pourquoi une étude posturale change tout ?

J’ai écrit un article sur [S1] Guide Débutant : Acheter son premier vélo route. Cet article vise à le compléter.

Acheter un vélo, surtout après des années de pratique, peut ressembler à un casse-tête. On croit souvent qu’il suffit de choisir la bonne taille de cadre, mais la réalité est bien plus nuancée : chaque corps est unique, et un vélo mal adapté peut causer des douleurs, des blessures, ou simplement gâcher le plaisir de rouler.

Après un an à pédaler sur un vélo censé être à ma taille, j’ai finalement franchi le pas et réalisé une étude posturale. Le verdict ? Mon cadre était globalement adapté, mais des détails comme la hauteur du cintre et une fourche sciée m’empêchaient d’adopter une posture optimale. Résultat : des douleurs persistantes, une frustration croissante et l’impression de ne jamais pouvoir progresser pleinement.

Si vous avez une morphologie atypique (petit buste et jambes longues, ou l’inverse), vous savez de quoi je parle. Les cadres standards ne sont pas conçus pour nous. Alors, comment faire pour trouver le vélo idéal, ou du moins, le plus proche possible de nos besoins ?

L’étude posturale : une étape incontournable

Pourquoi faire une étude posturale ?

Une étude posturale permet de :

  • Prévenir les blessures (tendinites, douleurs cervicales, lombalgies).
  • Améliorer la performance en optimisant la position de pédalage.
  • Gagner en confort, surtout sur les longues distances.

Où faire une étude posturale ?

  • Chez un vélociste spécialisé (ex. : Cyclefit à Paris, Bike Science à Lyon, ou des magasins comme Alltricks ou Décathlon proposant ce service).
  • En ligne : Certains sites (comme MyVeloFit) proposent des analyses à distance, mais rien ne remplace une analyse en présentiel.
  • Coût : Comptez entre 100 € et 300 €, selon la précision de l’analyse.

Comment se déroule une étude posturale ?

  1. Vérification des cales : Le vélociste commence par vérifier l’alignement des cales sur vos chaussures de vélo. Dans mon cas, tout était parfait, mais ce n’est pas toujours le cas. Un mauvais alignement peut causer des douleurs aux genoux ou aux pieds.
  2. Analyse du vélo actuel : Il relève les réglages existants (hauteur de selle, longueur de potence, recul de selle, etc.).
  3. Mesures corporelles :
    • Longueur des bras et du buste.
    • Taille et entrejambe (avec une légère pression pour simuler la position sur le vélo).
    • Flexibilité et amplitude articulaire (hanches, épaules, dos).
  4. Simulation sur vélo réglable : Grâce à un logiciel, le vélociste ajuste un vélo « virtuel » mais disponible et modulable à l’infini pour trouver la position idéale.

Mon expérience : Monter sur un vélo parfaitement adapté a été une révélation. La différence de confort et d’efficacité est immédiate.

Le défi : Trouver un vélo adapté à sa morphologie

La réalité du marché : des cadres conçus pour des morphologies « standards »

La plupart des cadres sont conçus pour des morphologies masculines et proportionnées. Problème : Si vous avez un petit buste et des jambes longues (comme moi), ou un long torse et des jambes courtes, trouver un vélo « parfait » relève du parcours du combattant.

J’ai discuté avec d’autres cyclistes ayant des morphologies atypiques. Même constat : Le vélo idéal n’existe pas. Il faut souvent bricoler, adapter, et faire des compromis.

De plus, les femmes sont particulièrement touchées, car les gammes « féminines » sont fréquemment limitées et pas toujours adaptées à toutes les morphologies.

Les solutions pour adapter son vélo

  1. Prioriser les cottes essentielles :
    • Hauteur de selle : C’est la mesure la plus critique. Un cadre trop petit ou trop grand rendra les réglages impossibles.
    • Longueur du tube de fourche : Vérifiez qu’il permet de remonter le cintre si nécessaire. Attention : Certaines fourches sont sciées pour des raisons esthétiques, ce qui limite les ajustements.
    • Longueur de potence : Une potence plus courte (ex. 70 mm au lieu de 90 mm) peut aider à rapprocher le cintre si vous avez un petit buste.
    • Recul de selle : Un recul trop important peut causer des douleurs aux genoux.
  2. Les composants à remplacer :
    • Potence : Optez pour une potence de VTT si nécessaire, plus courte et souvent plus ajustable (ex. : potences Ritchey ou Zipp).
    • Cintre : Un cintre plus large ou plus étroit peut améliorer le confort (ex. : cintre compact pour les petites mains).
    • Fourche : Si votre fourche actuelle est trop courte, envisagez de la remplacer (mais attention au budget !).
  3. Conserver les composants d’origine :
    • Pour revendre votre vélo plus tard, gardez toujours les pièces d’origine. Un vélo modifié mais avec ses composants initiaux se revendra plus facilement.

Mon cas concret : vers un nouveau vélo

Le constat après l’étude posturale

  • Mon cadre était globalement adapté.
  • Mais : La fourche scié(e) m’empêchait de remonter le cintre, et la potence d’origine était trop longue pour mon buste.

Solution, acheter un nouveau vélo avec un cadre proche de mes cottes, puis : Remplacer la potence par une version plus courte (70 mm) et vérifier que le tube de fourche permet d’ajuster la hauteur du cintre.

Les critères de choix pour un nouveau vélo

  • Cadre : Privilégiez les marques proposant des géométries variées (ex. : Canyon, Liv, Van Rysel).
  • Fourche non scié(e) : Un must pour garder une marge de manœuvre.
  • Composants modulables : Potence, cintre, et selle facilement remplaçables.

Comment choisir son vélo en pratique ?

Étape 1 : Analyser ses cottes

Après l’étude posturale, vous aurez une liste de mesures idéales (ex. : hauteur de selle, longueur de potence, recul de selle). Utilisez ces données pour comparer les géométries des cadres sur les sites des marques.

Étape 2 : Tester en magasin

  • Essayez plusieurs tailles : Même si vos mesures pointent vers une taille, testez toujours la taille au-dessus et en dessous.
  • Vérifiez les réglages : Assurez-vous que la selle peut être suffisamment reculée ou avancée, et que le cintre peut être ajusté en hauteur.

Étape 3 : Prévoir un budget pour les ajustements

  • Potence : Comptez 50 € à 150 € pour une potence de qualité.
  • Cintre : Entre 50 € et 200 € selon le modèle.
  • Fourche : Remplacer une fourche peut coûter 300 € à 1000 €, selon le modèle.

Étape 4 : Penser à la revente

  • Gardez les pièces d’origine : Un vélo modifié mais avec ses composants initiaux se revendra plus facilement.
  • Privilégiez les marques reconnues : Elles se revendent mieux.

Les erreurs à éviter

  1. Négliger l’essai : Un vélo peut sembler parfait sur le papier, mais seul un essai en conditions réelles valide son confort.
  2. Sous-estimer l’importance de la fourche : Une fourche trop courte ou scié(e) limite les ajustements.
  3. Oublier la flexibilité : Si vous avez des problèmes de dos ou d’épaules, un cadre trop rigide peut aggraver les douleurs.

Conclusion : Un vélo sur mesure, même sans budget illimité

L’étude posturale est un investissement : Elle évite des années de galère et des dépenses inutiles en accessoires ou en kiné. Même si le vélo parfait n’existe pas, avec les bonnes mesures et un peu de bricolage, on peut s’en approcher !

Mes conseils finaux :

  • Faites une étude posturale avant d’acheter.
  • Priorisez les cottes essentielles (hauteur de selle, longueur de fourche).
  • N’hésitez pas à modifier : Potence, cintre, et fourche sont vos meilleurs alliés.
  • Gardez les pièces d’origine pour une revente facile.

Et surtout, écoutez votre corps : Un vélo bien adapté, c’est la clé pour rouler plus loin, plus vite, et surtout… avec le sourire !


Laisser un commentaire