Commencer le triathlon
Quand on découvre le triathlon, deux questions reviennent souvent :
- « Est-ce que ma morphologie est adaptée ? »
- « Est-ce que je ne suis pas trop vieux / trop jeune pour commencer ? »
Je me suis lancée dans le triathlon à 32 ans. À presque 35 ans, avec un petit buste, des longues jambes, une hyperlaxité chronique, un TDAH et un passé de débutante en natation, je suis loin du cliché du triathlète « parfait ». Pourtant, j’ai réussi à progresser, à me faire plaisir, et même à inspirer d’autres débutants. Alors, existe-t-il vraiment une morphologie ou un âge idéal pour se lancer ?
Non. Et c’est ce qui rend ce sport si beau.
La Morphologie en triathlon : une force, pas une limite
Natation : des épaules larges, mais pas obligatoires
- Atouts « standards » : Une envergure importante et une bonne mobilité des épaules aident à propulser l’eau efficacement.
- Exemple : Les nageurs comme Michael Phelps ont un torse large et des bras longs, idéaux pour la propulsion.
- Adaptation pour les autres morphologies :
- Petit buste/jambes longues : Travaillez la rotation du bassin et la technique de battement pour compenser.
- Épaules étroites : Renforcez le haut du corps (élastiques, nage avec paddles) et misez sur la souplesse.
Mon cas : Mes longues jambes m’aident en battement, mais j’ai dû suivre des cours de natation en club pour améliorer ma technique de bras.
Mon conseil : Trouvez un maître-nageur pédagogue, avec de l’humour et des explications claires (comme ceux que j’ai eus à Vannes). La technique prime sur la morphologie !
Vélo : Des jambes puissantes, mais pas un critère absolu
- Atouts « standards » : Des cuisses musclées et un bon rapport poids/puissance sont un plus.
- Exemple : Les cyclistes comme Chris Froome ont des jambes longues et un torse compact, optimisés pour l’aérodynamisme.
- Adaptation pour les autres morphologies :
- Buste long/jambes courtes : Ajustez la géométrie du vélo (potence courte, cintre haut) et travaillez votre souplesse.
- Jambes longues/buste court : Optez pour un cadre avec un tube horizontal court et une fourche non scié(e) pour ajuster la hauteur du cintre.
Mon expérience : Après une étude posturale, j’ai compris que mon vélo devait être adapté à mes jambes longues et mon buste court. Résultat : moins de douleurs, plus de plaisir !
Matériel : J’utilise des bottes de compression pour soulager mes jambes lourdes après les sorties vélo, surtout avec mon travail assis.
Course à Pied : des jambes légères, mais pas un prérequis
- Atouts « standards » : Des mollets fins et une foulée économique réduisent la dépense énergétique.
- Exemple : Les coureurs comme Eliud Kipchoge ont des jambes longues et une foulée ultra-efficace.
- Adaptation pour les autres morphologies :
- Jambes lourdes : Choisissez des chaussures avec un bon amorti et travaillez le renforcement musculaire (mollets, psoas).
- Pieds plats : Privilégiez des chaussures stables et des exercices de proprioception.
Mon astuce : Je marche régulièrement pour augmenter mon NEAT (Non-Exercise Activity Thermogenesis), ce qui compense les séances de course moins intenses.
L’Âge en Triathlon : Une question de mental, pas de chiffres
Les Avantages par tranche d’âge
- 20-30 ans : Récupération rapide, capacité à encaisse des volumes d’entraînement importants.
- 30-40 ans : Expérience, maturité mentale, et souvent une meilleure gestion de l’effort. Mon cas : J’ai commencé à 30 ans, après un burnout et une réorientation professionnelle. Mon objectif n’était pas la performance pure, mais le dépassement de soi et le plaisir.
- 40-50 ans : Force mentale, endurance, et une approche plus stratégique des courses.
- 50 ans et + : Sagesse, gestion du stress, et une motivation souvent plus forte que les jeunes !
Exemple : Lew Hollander a terminé un Ironman à 85 ans, et Sister Madonna Buder (la « Iron Nun ») en a terminé plus de 40 après 50 ans !
Mon parcours : Débuter à 32 ans et progresser sans pression
J’ai commencé le triathlon sur le tard, après un burnout et une réorientation professionnelle. Mon objectif n’était pas la performance pure, mais le dépassement de soi et le plaisir. Aujourd’hui, je prépare un Ironman 70.3, et chaque année, je bats mes records personnels. La clé ? L’envie, pas l’âge.
Gestion du TDAH : Mon esprit « bouillant » me pousse à varier les entraînements et à canaliser mon énergie. J’utilise des routines strictes et des suppléments pour gérer mes hypoglycémies (liées à mon intolérance au sucre et au miel).
Performance vs. Plaisir : Deux approches complémentaires
Pour la Performance
- Morphologie : Certains corps sont plus adaptés à la vitesse ou à l’endurance.
- Âge : Les 25-35 ans sont souvent les plus performants en compétition.
- Mais : Ces avantages ne sont pas absolus. La technique, l’entraînement et la mentalité comptent tout autant.
Pour le Plaisir
- Aucune limite : Que vous ayez 20 ou 60 ans, que vous soyez grand ou petit, mince ou trapu, le triathlon est accessible.
- L’important : Progresser par rapport à soi-même, se fixer des objectifs réalistes, et s’amuser.
Mon mantra : « Je ne serai peut-être jamais la plus rapide, mais je serai toujours meilleure que l’année dernière. »
Comment bien débuter, quel que soit son âge ou sa morphologie ?
Étapes clés pour se lancer
- Faire un bilan santé : Consultez un médecin pour écarter tout risque (surtout après 40 ans ou avec des antécédents comme mon asthme).
- Trouver un club ou un coach : L’accompagnement est crucial pour éviter les blessures et progresser. Mon partenaire Maxime m’aide à structurer mes entraînements.
- Adapter son matériel :
- Vélo : Étude posturale + ajustements (potence, cintre, fourche).
- Natation : Cours pour améliorer la technique.
- Course à pied : Chaussures adaptées à sa foulée.
- Se fixer des objectifs progressifs : Un sprint avant un olympique, un olympique avant un half-Ironman.
- Écouter son corps : Récupération, nutrition, et gestion du stress sont aussi importants que l’entraînement.
Mon exemple : Grâce à mon club de natation et à mon coach, j’ai pu structurer ma progression sans me blesser.
Alimentation et Récupération
Chacun et chacune doit définir ce qui lui convient. Par exemple :
- Mon régime : Je vise 2300 kcal/jour (avec 115g de protéines pour éviter les gaz et les inconforts digestifs), en suivant les conseils de ma diététicienne.
- Collations : 2 ou 3 tartines le matin (pain sans gluten, beurre de cacahuète, houmous) et des fruits comme le kiwi.
- Récupération : Boissons électrolytiques après l’effort et bottes de compression pour les jambes lourdes.
Gérer les comparaisons et les attentes
Je me sens parfois tiraillée entre les attentes des « gens normaux » (qui se comparent à moi en matière de sport) et celles des triathlètes (qui évitent d’avouer leurs limites).
Ma solution : Me concentrer sur mon propre parcours, sans me soucier des jugements.
Le Triathlon, un sport pour TOUS les corps et TOUS les âges
Oui, il y a des avantages morphologiques ou liés à l’âge…
… mais ils ne définissent pas votre potentiel. Ce qui compte, c’est l’envie, la persévérance et le plaisir.
- Votre corps est parfait pour commencer le triathlon, qu’importe sa forme.
- Votre âge est idéal pour vous lancer, que vous ayez 20, 40 ou 60 ans.
- La seule limite est celle que vous vous fixez.
Alors, prêt à sauter dans l’eau ? 🏊♀️🚴♀️🏃♀️
PS : Si tu veux que j’approfondisse un point (ex. : comment adapter son vélo à sa morphologie, ou un plan d’entraînement pour débutants de 40 ans et +), dis-le-moi ! 😊

